Publié dans Réflexion sur la lecture

« Pourquoi lire ? »

Charles Dantzig

Le livre est truffé d’anecdotes de la vie de lecteur de l’auteur et de belles phrases sur la lecture.
J’ai relevé celles qui m’ont le plus marquée et inspirée…

Une des définitions qu’on pourrait en donner [de la littérature] est qu’elle est sans doute la seule forme d’écrit qui n’ait pas pour objet de servir. »                                  

Lire, c’est beaucoup plus intéressant que de se distraire.

Un bon lecteur écrit en même temps qu’il lit. Il entoure, raie, met des appréciations dans tous les interstices laissés libres par l’imprimeur.

On lit pour comprendre le monde, on lit pour se comprendre soi-même.

Selon l’auteur, le fait de lire ne va pas nous changer : la lecture n’a ni une bonne ni une mauvaise influence sur nous. Par contre, elle nous fait prendre conscience que « l’homme est unique » : nous ne nous retrouvons pas forcément dans un livre…

Un livre fermé, ça existe mais ça ne vit pas. C’est un parallélépipède couvert d’une fine couche de poussière, et vide comme une boîte peut être vide.

On ne lit pas un livre pour une histoire. On lit un livre pour danser avec son auteur.

Le livre ne se donne pas si on le parcourt. Il faut s’abandonner totalement à lui, esprit comme corps, esprit plongeant dans les pages comme la tête.

La lecture est cet instant d’éternité simultanément ressenti par quelques solitaires dans l’espace immatériel un peu bizarre qu’on pourrait appeler l’esprit.

Pourquoi lire ? Pour devenir moins borné, perdre des préjugés, comprendre.
Pourquoi lire ? Pour comprendre ceux qui sont bornés, ont des préjugés et aiment ne pas comprendre.

Les gens qui ne lisent pas ignorent l’exaltation que l’on peut ressentir dans une librairie. Ils n’ont pas idée qu’un commerce aussi calme, où vendeurs et acheteurs sont chacun de leur côté, puisse être autre chose qu’ennuyeux.

La librairie fait admettre la littérature car elle la fait entrer dans le commerce.


VOCABULAIRE :

Psittacisme = répétition mécanique de phrases que l'on ne comprend pas (comme un perroquet).

Hiératique = en rapport avec les choses sacrées

Publié dans Roman

« Serena Bruchi »

Valéry Larbaud

L’histoire évolue au fil des courtes lettres que s’envoient les uns les autres.
Chaque courrier est séparé du suivant par une belle illustration au trait monochrome.

Fattore Rapi, l’oncle de Serena est totalement opposé à la relation entre Edward Talboys et Serena. par contre, le père d’Edward y est tout à fait favorable.

Petit à petit, on apprend que Serena n’a que 14 ans, même si elle paraît plus « mûre ».

Edward raconte dans une lettre comment il a été convoqué au commissariat, où on lui a donné l’ordre de quitter Florence.
Quant à Serena, elle interroge Edward, pensant qu’il a dit à sa mère et à son oncle qu’il n’était plus amoureux d’elle.
Ces deux manigances sont en fait l’oeuvre de l’oncle de Serena, avec la complicité de sa mère, Teresa Laurette Bruchi.

Serena a été mariée (à son insu : on lui a dit qu’il s’agissait de la confirmation) à un homme qu’ont choisi pour elle son oncle et sa mère.

Finalement, après quelques mois de mariage « forcé », il semble que tout se passe bien entre Serena et son mari, qui lui a été imposé, mais on devine aussi que Serena est toujours secrètement amoureuse d’Edward…

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Mon avis :
Un petit livre très agréable à lire.