Publié dans Roman

Les roses fauves

Carole Martinez

Lola Cam conserve dans une armoire tous les coeurs en tissu de ses ancêtres féminines espagnoles. Celles-ci, comme le voulait la tradition dans la sierra andalouse, avaient, à l’approche de la mort, réalisé un coussin en forme de coeur qu’elle bourraient de bandes de papier sur lesquelles elles avaient écrit leurs secrets ; à leur mort, ce coussin revenait à leur fille aînée, qui avait interdiction de l’ouvrir.

La passion de Lola, c’est son jardin, dont elle conserve des photos dans son portefeuille.

La narratrice décide, tout à fiat par hasard, de s’installer dans le village où vit Lola pour écrire son deuxième roman.

Lola est renfermée sur elle-même ; « petite fille modèle » son seul souhait a toujours été de satisfaire son père (décédé).

Un jour, la narratrice décide de faire de Lola la héroïne de son roman…

Son caractère solitaire, Lola le doit en grande partie au surnom qu’on lui a donné : « la boîteuse ».
Elle se fait le plus discrète possible, refusant de porter des vêtement ou accessoires qui la mettraient en valeur. Et il faut que tout soit en ordre autour d’elle…

A Trébuailles, la Poste, qui est tenue par Lola, est le lieu de rendez-vous des petites vieilles du village… et les cancans vont bon grain !

Un soir, la narratrice se rend au logement de fonction de Lola, qui l’a invitée à dîner. Cette dernière lui montre les coeurs cousus, rangés dans l’armoire de sa chambre.

Ensemble, elles entreprennent la lecture du contenu de l’un des coeurs, qui est déchiré. C’est ainsi que Lola découvre quelques éléments de la vie de l’une de ses aïeules…

« Un mot n’est rien que des lettres accrochées les unes aux autres. »

Un jour, un acteur qui participe au tournage d’un film sur le thème de la première guerre mondiale à proximité du village, rencontre Lola fortuitement, puis la revoit régulièrement…

La narratrice fait également sa connaissance. Et par l’intermédiaire des « vieilles » du village qui fréquent la Poste, elle fait un rapprochement entre le rôle joué par l’acteur dans le film et des évènements qui se sont réellement passés dans le village il y a longtemps : un amour impossible entre Pierre (marié par dépit à Marthe) et Marie (boiteuse, qui avait été indifférent aux avances de Pierre).
De photos que lui amène une vieille dame du village ne font que renforcer cette ressemblance aux yeux de la narratrice…

Peu avant la fin du tournage, l’acteur a un accident de cheval et on ne sait pas s’il pourra tourner la dernière scène du film dans le rôle de Pierre, auquel il s’est totalement identifié.

Lola, quant à elle, s’est « ouverte au monde » et la narratrice, après trois mois d’isolement dans le village pour se consacrer à l’écriture de sont roman, fait ses valises pour « retourner au monde réel »…


Le fil rouge du roman, ce sont les jardins et les fleurs.

Certaines scènes un peu « fantasmagoriques » m’ont quelque peu déroutée…

Publié dans Roman

« Il est grand temps de rallumer les étoiles »

Virginie Grimaldi

Anna élève vit seule avec ses deux filles : Chloé (17 ans) et Lily (12 ans).
Elle croule sous les dettes… et les choses ne font qu’empirer lorsqu’elle perd l’emploi qu’elle occupait dans un restaurant.

Un jour, elle décide d’amener ses filles pour un road trip en Europe à bord du camping-car de son père.
En route, elles font la connaissance d’un groupe de camping-caristes dont le leader, Julien, leur propose de se joindre à eux.

Au Cap Nord, où sa grand-mère lui avait demandé de disperser les cendres de son grand-père, Anna découvre que la boîte qu’elle lui avait confiée contient en fait du sable et une lettre de sa grand-mère toute empreinte de paroles de sagesse…

Un jour, Chloé demande à sa mère pourquoi ils se sont séparés avec son père.
Anna évoque alors mentalement les violences que ce dernier lui a fait subir à 3 reprises (dont une fois en partie sous les lieux de Lily, qui était toute petite) alors que le reste du temps il était très aimant… mais elle répond simplement à sa fille qu’ils ne s’entendaient plus.

Anna et Julien, le leader du groupe de camping-caristes, deviennent de plus en plus proches…

Anna finit par avouer à ses filles que leur père a été violent envers elle à plusieurs reprises… et Lily se souvient encore de la scène à laquelle elle a partiellement assisté.

Marine (avec qui Anna et ses filles avaient bien sympathisé), qui est enceinte, et son compagnon, décident de quitter le groupe de camping-caristes pour rentrer chez eux afin de préparer l’arrivée de leur bébé…

Anna et Julien finissent par « tomber dans les bras l’un de l’autre » et se retrouvent le soir, en cachette de leurs enfants respectifs, dès que ceux-ci dorment…

Et puis, c’est le retour vers la France pour Anna et ses filles, d’autant que Chloé doit passer le bac…

Anna apprend à ses filles, à leur grande joie, qu’elle est « en couple » avec Julien.
C’est d’ailleurs ce dernier qui amène Anna, Lily et Chloé à l’aéroport : cette dernière va passer un an en Australie…

Publié dans Roman

« Roissy »

Tiffany Tavernier

La narratrice déambule chaque jour dans les terminaux de Roissy, où elle « imagine » la vie des gens qu’elle y croise.
Elle remarque notamment un monsieur qui est tous les jours à l’arrivée du vol Rio-Paris, mais qu’aucun voyageur ne rejoint. Quelques temps plus tard, cet homme la retrouve dans l’aéroport et lui dit que sa femme est décédée dans le crash du vol Rio-Paris alors qu’elle venait de lui annoncer qu’elle était enceinte.

Entre temps, la narratrice s’est rapprochée d’un SDF, qui est devenu son amant : Vlad, qui tombera malade peu de temps après.

Un jour, le monsieur qu’elle avait remarqué à l’arrivée du vol Rio-Paris l’invite au restaurant. Luc (c’est son prénom) et la narratrice deviennent progressivement très proches et se retrouvent régulièrement dans un hôtel.
elle lui dévoile quelques bribes de son passé dont elle se souvient… et lui avoue qu’elle n’a pas perdu son marié dans le vol Rio-Paris, contrairement à ce qu’elle lui avait laissé croire précédemment, et aussi que depuis ce qui lui est arrivé, elle vit à l’aéroport.

Un jour où elle déambule à nouveau dans l’aéroport, la narratrice tombe sur Vlad, dont elle n’avait pas eu de nouvelles depuis longtemps, mais il la rejette, pensant que c’est elle qui a saccagé son squat pendant qu’il était hospitalisé.

Et puis elle croise Josias, un SDF qui était secrètement amoureux d’elle, qui l’amène se cacher dans les « entrailles » de l’aéroport, à un endroit interdit au public, où; lui dit-il, personne de viendra la chercher…

De plus en plus souvent, des souvenirs flash de son passé lui reviennent… et alors que Josias la rejoint dans sa planque pour lui amener un matelas et quelques accessoires, elle lui annonce qu’elle a « tué à deux reprises ».
Et Josias, après avoir essayé en vain de l’embrasser, lui remet une lettre de la part de Vlad… qui a été retrouvé pendu dans un couloir de service de l’aéroport par le médecin qui s’occupe des SDF de l’aéroport. Puis il la quitte, en lui demandant de ne jamais chercher à le revoir.

Elle se réfugie alors dans sa planque pour lire la lettre de Vlad, dans laquelle il lui fait des révélations sur un épisode très particulier de son passé.
Sous le choc, elle retourne dans l’aéroport, où elle apprend que tous les vols son annulés à cause de l’irruption d’un volcan… Et c’est la panique parmi les voyageurs !

Par la suite les réminiscences de la narratrice s’accélèrent (tout comme le rythme du récit, ce qui le rend d’autant plus prégnant).

Elle finit par se rappeler ce qui s’est passé avec sa petite soeur (tombée dans un puits) et, bien des années plus tard, avec sa fille, morte dans un accident de la route alors qu’elle était au volant…

Publié dans Roman

« Serena Bruchi »

Valéry Larbaud

L’histoire évolue au fil des courtes lettres que s’envoient les uns les autres.
Chaque courrier est séparé du suivant par une belle illustration au trait monochrome.

Fattore Rapi, l’oncle de Serena est totalement opposé à la relation entre Edward Talboys et Serena. par contre, le père d’Edward y est tout à fait favorable.

Petit à petit, on apprend que Serena n’a que 14 ans, même si elle paraît plus « mûre ».

Edward raconte dans une lettre comment il a été convoqué au commissariat, où on lui a donné l’ordre de quitter Florence.
Quant à Serena, elle interroge Edward, pensant qu’il a dit à sa mère et à son oncle qu’il n’était plus amoureux d’elle.
Ces deux manigances sont en fait l’oeuvre de l’oncle de Serena, avec la complicité de sa mère, Teresa Laurette Bruchi.

Serena a été mariée (à son insu : on lui a dit qu’il s’agissait de la confirmation) à un homme qu’ont choisi pour elle son oncle et sa mère.

Finalement, après quelques mois de mariage « forcé », il semble que tout se passe bien entre Serena et son mari, qui lui a été imposé, mais on devine aussi que Serena est toujours secrètement amoureuse d’Edward…

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Mon avis :
Un petit livre très agréable à lire.

Publié dans Roman

« Le Sixième Sommeil »

Bernard Werber

Caroline et Francis Klein ont eu un fils : Jacques.
Caroline (qui est insomniaque), fait des recherches sur le sommeil et travaille notamment sur un « projet secret ».
Francis meurt en réalisant son rêve, sur son bateau.

Jacques affronte toutes les épreuves de sa vie grâce au rêve, sous ses différentes formes, conseillé par sa mère. Il devient le petit ami d’une femme qui fait des cauchemars récurrents suite à un traumatisme d’enfance. Sur les conseils de sa mère, il la soigne grâce à une forme particulière de rêve.

Caroline tente une expérience particulière concernant le rêve sur un cobaye volontaire, qui décède. Quelques jours après, elle est renvoyée de son poste… et disparaît.

Jacques contacte alors un détective privé pour essayer de la retrouver, mais celui-ci décline, estimant quasiment nulles les chances d’y parvenir.

Ayant « appris » via un rêve que sa mère se trouve en Malaisie, il décide de s’y rendre.
C’est ainsi qu’il rencontre, via un journaliste, les Sinoïs, un peuple indigène parmi lesquels sa mère, aujourd’hui décédée, a vécu.

Jacques partage à son tour la vie des Sinoïs ; il lui arrive alors un tas d’aventures, et il est, en quelque sorte, « guidé » par son « futur moi » qui apparaît dans ses rêves. Puis un jour, une femme Sinoï le demande en mariage : chez ce peuple, ce sont les femmes qui choisissent leur futur mari.

Prends soin de ton corps pour que ton âme ait envie de venir s’y nicher, ainsi elle en aura toujours la nostalgie quand elle partira vagabonder ailleurs.

Avec l’assentiment de la communauté Sinoï, un hôtel de luxe est construit sur leur île : les pensionnaires (triés sur le volet) font de la plongée le matin et l’après-midi, ils s’initient à l’art du rêve lucide, dont les Sinoïs sont spécialistes.

Jacques, devenu papa, apprend que sa mère, qu’il croyait morte, est retournée à Paris pour poursuivre ses travaux sur le sommeil. Sous l’impulsion de son « moi plus vieux », qui le guide dans ses rêves, il décide de retourner à Paris pour travailler sur le sixième sommeil. Sa femme et son fils, Icare, quittent la tribu Sinoï pour l’accompagner : ils vont s’installer dans l’appartement où Jacques a grandi, et où Caroline vit maintenant avec le chef de service de l’Hôtel Dieu qui l’avait congédiée suite à l’échec de son expérience sur le sommeil.

Un jour, Caroline, qui souffre toujours de somnambulisme, se retrouve « coincée » entre deux niveaux de rêve…

Jacques décide de continuer les recherches sur le « 6ème sommeil » entreprises par sa mère et se porte volontaire pour être le premier cobaye humain d’une expérience sur le sommeil tout à fait particulière, qui se solde par une pleine réussite, tant et si bien qu’il décide d’y soumettre sa mère, qui est inconsciente…

Vocabulaire :
Jubjoter : Emerger d'un rêve sans en savoir la fin et tenter d'y retourner pour en connaître la suite.
Cinéma oniroramique : appareil inventé par Bernard Weber en tant qu'auteur de science fiction = capteur que l'on met sur le crâne d'une personne qui rêve et qui permet de diffuser son rêve sur un écran, comme un film.
Publié dans Développement personnel, Roman

« L’homme qui voulait être heureux »

Laurent Gounelle

Il s’agit du premier roman de Laurent Gounelle, qui avait commencé sa vie professionnelle dans la finance, où, à 23 ans, il s’est senti « pas à sa place ».

A Bali, le narrateur se rend chez un guérisseur : celui-ci lui inculque quelques principes qui devraient lui permettre de se sentir mieux :
– Les autres nous voient tel/telle que nous nous voyons nous-même au point de vue physique, d’où l’importance de l’image de soi.
– Ce que l’on vit a pour origine ce que l’on croit.
– Nos croyances, qu’elles soient positives ou négatives, forgent notre réalité.

Il fait en outre connaissance avec un couple, à qui il se joint un jour pour une visite touristique.

Entre chaque séance chez le guérisseur, il accomplit les tâches liées au développement personnel que celui-ci lui demande de réaliser, notamment :
– écrire ce qui l’empêche de réaliser ses rêves ;
– essuyer 5 non, ce qui s’avère difficile, la très grande majorité des gens répondant favorablement à ses demandes.
Et quand il se rend chez le guérisseur pour lui faire part de cette expérience, ce dernier lui en fait clairement prendre conscience : « Les personnes qui ont peur du rejet (…) sont loin de savoir qu’il est rare d’être repoussé par les autres. (…) Les gens sont, dans l’ensemble, plutôt enclins à vous aider, à ne pas vous décevoir, à aller dans le sens de ce que vous attendez d’eux. »

Le narrateur, qui rêve de devenir photographe, prend conscience, en échangeant avec le guérisseur, qu’il est en quelque sorte « bloqué » dans son projet par son héritage familial, où seuls les métiers intellectuels sont valorisés.

Si vous braquez les projecteurs sur les qualités d’une personne, même si elles sont infinies, elles s’accentueront, se développeront jusqu’à devenir prépondérantes. D’où l’importance d’avoir dans votre entourage des gens qui croient en vous, en vos qualités, et en vos capacités.

Ils évoquent en outre la relation du narrateur à l’argent, qui est ambivalente : d’un côté il souhaite gagner de l’argent, mais de l’autre l’argent le dégoûte un peu…
Ils échangent aussi sur ce que le narrateur continuerait ou non à faire s’il savait qu’il allait mourir dans une semaine.

Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-même et d’apporter quelque chose à l’humanité.

Plus tard, assis à la terrasse d’un glacier, le narrateur observe un groupe à une table voisine en essayant d’analyser le comportement de chacun du point de vue du développement personnel.

Et pour pouvoir suivre le dernier enseignement du guérisseur, il est confronté à un dilemme : faire modifier son billet, ce qui lui coûtera très cher et l’obligera à rentrer chez lui au dernier moment avant de reprendre son travail.
Il décide finalement de quitter Bali plus tard, intrigué de savoir ce que le guérisseur lui réserve pour leur dernière séance…

A son arrivée chez ce dernier, il trouve un petit mot du sage lui indiquant qu’il a lui-même « accompli un apprentissage majeur » en faisant un choix qui lui coûtait : modifier son billet d’avion.

« Le chemin qui mène au bonheur demande parfois de renoncer à la facilité, pour suivre les exigences de sa volonté au plus profond de soi. »

Avant de prendre l’avion pour rentrer chez lui, le narrateur décide de gravir le sommet pour lequel le sage l’avait challengé au début de leur rencontre…


Lien vers l’épisode 8 du podcast « Les gens qui lisent sont plus heureux »
dont l’invité était Laurent Gounelle :
https://podcasts.audiomeans.fr/les-gens-qui-lisent-sont-plus-heureux-5621e2332e2e/-8-laurent-gounelle-libre-dans-sa-tete-7f64c4a95c63

Publié dans Roman

« L’homme à la colombe »

Romain Gary (Fosco Sinibaldi)

Lu en août 2020

Au siège des nations Unies dans les années 1950, le secrétaire général convoque ses deux plus proches collaborateurs : un mystérieux « homme à la colombe » a été aperçu par plusieurs employés, tard le soir et, d’autre part, il semblerait qu’il y ait une « pièce perdue » dans le bâtiment. L’homme y aurait élu clandestinement domicile.

Il y a toutefois quelqu’un qui connaît l’existence de cette pièce, au 4e sous-sol du bâtiment de l’ONU : le cireur de chaussures, qui y retrouve régulièrement l’homme à la colombe…

Ce dernier est habillé en cow-boy. Il faut dire qu’il est originaire du Texas, où il s’occupait de chevaux dans le ranch de son père, jusqu’au jour où celui-ci; devenu riche suite à la découverte de pétrole sur ses terres, a décidé de l’envoyer étudier dans les meilleures universités du monde. Il est alors devenu un brillant étudiant et s’est pris de passion pour les problèmes internationaux, tant et si bien qu’il est parti se battre en Corée pour les Nations Unies. Et à son retour aux Etats-Unis, sa ferveur pour l’idéal onusien ne l’a pas quitté…

Un jour, il se brouille avec son père et se retrouve sans le sou. C’est alors qu’il fait la connaissance du cireur de chaussures de l’ONU, un Indien reconnaissable à son immense plume, qui lui propose de s’installer dans la « pièce oubliée », au 4e sous-sol du bâtiment de l’organisme.

Une autre personne connaît la cachette de Johnny : Frankie, une guide de l’ONU.

Bientôt des journalistes sont au courant de la présence de Johnny dans les entrailles du bâtiment de l’ONU et les journaux en font leur une… C’est ainsi que le Secrétaire Général apprend la présence d’un « locataire clandestin » dans les murs de son institution, où il a entrepris une grève de la faim. Il sait qu’il existe une « pièce perdue » : il l’a faite rechercher, mais en vain.

Un jour, profitant que la porte de la petite salle est restée ouverte, la colombe s’échappe… et va semer la panique parmi les participants de différentes réunions en cours dans les salles de l’ONU.
Johnny ayant appris que l’ONU avait fait appel aux services d’un faucon pour chasser sa colombe des locaux, décide d’aller la récupérer lui-même dans la salle du Conseil de Sécurité.

Plus tard, on le retrouve à l’extérieur du bâtiment, adulé par la foule.

De retour dans le bâtiment, il se replie dans la « salle de méditation », où il se plonge dans ses pensées idéalistes… Même Frankie, qui lui est très attachée, ne parvient pas à le faire revenir au « monde du réel » en lui proposant de retourner avec elle dans leur Texas natal. Et lorsque Frankie revient auprès de Johnny avec son cheval texan qu’il aimait tant, son père et d’autres cow-boys, Johnny, très affaibli par son jeûne, ne réagit plus. L’Indien, ancien cireur de chaussures de l’ONU, devenu très proche de Johnny, fait comprendre à Frankie qu’il n’y a plus rien à faire pour Johnny : son idéalisme l’a, en quelques sortes, emporté…

Sa ferveur idéaliste et sa volonté de sauver la plus belle idée du monde de la triste fin qui la menaçait étaient telles que, rapidement, il ne sentit plus qu’une exaltation merveilleuse et un sourire de ravissement vint illuminer son pauvre visage.

Seuls des rapports diplomatiques étroits, des réflexes rapides et une grande vigilance exercée sur leurs presses respectives permettent à ces deux grandes puissances [NDLR : L’URSS et les Etats-Unis] de maintenir un front cohérent : leurs différents restent intacts, leurs alliés rassurés et leurs caractéristiques nationales à l’abri de toute fâcheuse confusion


Le texte est limpide, facile à lire…

Romain Gary a publié « L’homme à la colombe » sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi car il exerçait, au moment où le livre est paru, des fonctions aux Nations Unies (au sein de la Mission permanente de la France auprès des Nations Unies) et ne voulait pas être embarrassé, dans ce cadre, par le ton satirique du roman concernant l’ONU.

Publié dans Non classé, Roman

« L’invitée »

Simone de Beauvoir

Lu en juillet 2020

Françoise et Pierre sont un couple « libre » qui ne vit pas sous le même toit…

Françoise se lie avec Xavière, qu’elle fait venir à Paris en lui proposent de l’aider à trouver du travail.

Le roman abonde de réflexions d’ordre psychologique de la part de Pierre et de Françoise concernant Xavière.

J’ai arrêté la lecture à la fin de la première partie car je n’ai pas « accroché ».

Publié dans Roman

« Une prière pour Owen »

Dans l’introduction, Nicole Moulinoux décrit ce livre comme une hagiographie, une violente diatribe, un conte gothique qui, « de 1952 à 1987 » « retrace l’amitié de deux garçons dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre ».

John Irving (né en 1942) a passé sa jeunesse dans le New Hampshire, où se déroule aussi une partie du roman « L’hôtel New Hampshire ». Il a envisagé de devenir lutteur (sport que l’on retrouve dans « Le monde selon Garp ». Il a séjourné à Vienne, ville où se rend la famille Berry dans « L’hôtel New Hampshire ».

Owen : Le narrateur le décrit, dans les premières lignes du livre, comme « un garçon à la voix déglinguée » et l' »être le plus petit » qu’il ait connu. C’est lui qui a poussé le narrateur à croire en Dieu.

Wheelwright : C’est le narrateur. Il a grandi à Gravesend (dans le New Hampshire) entre sa mère, sa grand-mère et sa tante.

Je trouve l’histoire difficile à résumer, notamment du fait qu’il y a de nombreux aller§retours entre le présent et le passé. J’ai d’ailleurs arrêté la lecture en cours de route...

Publié dans Roman

"Le monde selon Garp"

John Irving

Lu en février-mars 2020

Au début de la deuxième guerre mondiale, on rapatrie à l’hôpital Mercy de Boston, où travaille Jenny Fields, un soldat mitrailleur complètement « égaré », qui a sans doute été victime d’une explosion, dont les éclats ont pénétré son crâne. Il ne parle pas et ne fait que répéter « Garp »…

Mais il a une particularité : de nombreuses érections, et petit à petit il régresse, pour revenir au stade de bébé, tant et si bien que Jenny décide de lui donner le sein…

Et puis un jour, mue par son désir d’enfant, elle décide de profiter de l’une de ses érections… Peu après, Garp meurt.

Jenny, enceinte, perd son travail et va vivre chez ses parents. Lorsque son fils vient au monde, n’ayant pas réfléchit à un prénom, elle décide de l’appeler Garp.

Elle finit par retrouver un emploi d’infirmière dans une école, Steering School, où Garp va grandir puis, l’âge requis atteint, entrera en tant qu’élève. Et Jenny testera les cours auxquels Gap va assister. Elle l’inscrit en outre de force au sport et si, dans un premier temps, il ne semble pas enthousiaste envers cette discipline, il s’y montrera assez doué, avec un intérêt particulier pour la lutte.

Un jour, suite à une discussion avec Helen, la fille de son entraîneur de lutte, Garp décide de devenir écrivain et commence à écrire des nouvelles.

Une partie de l’adolescence, écrivit-il à Helen, réside dans ce sentiment qu’il n’existe nulle part personne qui vous ressemble assez pour pouvoir vous comprendre.

Garp et Helen finissent par se marier et ont un enfant, Duncan.

Garp se lance dans l’écriture, mais n’obtient pas le succès escompté. Sa mère, par contre, devient « célèbre » grâce à son livre « Sexuellement coupable », mais aussi du fait de son soutien aux mouvements féministes, et notamment aux « Ellen jamesiennes », des femmes qui se sont coupées la langue en hommage à Ellen James, une jeune fille de 11 ans qui a été violée et dont la langue a été coupée par ses agresseurs pour ne pas qu’elle parle. [Nota : Toute l’histoire autour d’Ellen James est totalement fictive.]

C’est Jenny qui, grâce à ses revenus, entretient Garp et sa femme au début de leur mariage. Puis Garp commence à gagner un peu d’argent grâce à la publication de son roman « Procrastination » et Helen devient enseignante dans un  »College »…

Quelques temps après, Garp et Helen ont un deuxième enfant, Walt ; à la même période, Garp se lance dans l’écriture d’un deuxième livre « Le second souffle du coucou » et Helen change de poste (le deuxième de sa carrière).

Un jour Jenny accueille chez elle Roberta, une transsexuelle, ancien joueur de foot, que Garp apprécie beaucoup.

Horace Walpole a affirmé un jour que le monde paraît comique à ceux qui pensent, et tragique à ceux qui sentent.

Après avoir terminé son deuxième livre, Garp ressent le besoin d’aller travailler, mais Helen n’y est pas favorable : pour elle Garp est écrivain.. D’ailleurs, il va publier un troisième roman, « L’éternel mari ».

Garp se montre très inspiré pour raconter des histoires, qu’il invente au fur et à mesure, à son plus jeune fils, Walt : il les adapte en fonction des réactions de ce dernier à son récit.

Une nuit, alors que son fils dors chez son copain Ralph, Garp, qui a des doutes concernant l’état de la mère de ce dernier, décide de se rendre sur place.. et trouve l’opulente femme au lit avec un jeune homme, alors que les deux garçons dorment en bas dans le salon et que la cuisine est jonchée de vaisselle salle.

Plus tard, Helen devient la maîtresse de l’un de ses étudiants et cette aventure se termine par un accident dramatique pour son fils Duncan, qui perd un oeil, et pour Garp, qui a la mâchoire cassée. Et Walt, on le comprend plus tard, est décédé dans l’accident..

Toute la famille se réfugie alors chez Jenny, la mère de Garp, qui joue le rôle d’infirmière pour les différents blessés. Leur convalescence durera un an. Pendant cette période, Garp écrit un nouveau roman « Le monde selon Bensenhauer », sur le thème du viol, dont John Irving donne un long extrait (qui tient tout un chapitre). Celui-ci connaîtra un vif succès.

Garp, Helen et Duncan se rendent à Vienne, où ils s’installent dans une pension. C’est là que Garp apprend que sa mère a été tuée par un homme qui voyait d’un mauvais oeil son engagement féministe.

Plus tard, Ellen James s’installe chez Garp et se désolidarise totalement de cells qui se font appeler les Ellenjamesiennnes ».

Garp, qui a écrit un poème (non publié) sur le sujet décrit les préservatifs comme « cette invention de l’homme pour épargner aux autres, et à lui-même, les conséquences de sa concupiscence ».

Un épilogue, sous couvert de boucler le passé, est en réalité une façon de nous mettre en garde contre l’avenir. »

Un jour, alors qu’il est dans le gymnase de Steering School en train de coacher les lutteurs, Garp est assassiné par Pooh Percy (récemment devenue Ellenjamesienne en se faisant couper la langue) au cri de « alauds de voleurs ! » (salauds de violeurs), sous les yeux de sa femme, qui assistait à l’entraînement…

A partir de la page 615, l’auteur évoque ce que deviennent les différents protagonistes après la mort de Garp, et jusqu’à leur propre mort.

Vocabulaire :
Blennorragie = infection vénérienne surnommée "chaude pisse" 
Inepte = stupide, ridicule, sot...
Voussure = courbure d'une voûte ou d'une arcade ou d'une chose dont la forme rappelle celle d'une voûte