Idriss Aberkane
Idriss Aberkane est un conférencier et essayiste français très médiatisé, qui aborde des sujets de neurosciences appliquées, mais dont le parcours prétendument scientifique est très contesté, de même que ses activités entrepreneuriales, qui ne serviraient, en fait, qu’à le médiatiser.
Idriss Aberkane commence le livre en donnant des exemples de personnes dont les performances « sont de purs cas de neuroergonomie » (la neuroergonomie étant, selon l’auteur, le fait d' »utiliser son cerveau de façon ergonomique »).
Il critique la façon dont l’intelligence est mesurée via le « facteur G » ou le « QI ».
Il introduit ensuite la notion de « noodiversité ». Pour lui, tout comme l’agriculture industrielle appauvrit la biodiversité, l’éducation telle qu’elle est pratiquée appauvrit notre cerveau ; les « vertus » prônées par l’école sont tout le contraire de celles nécessaires dans la vraie vie : à l’école, il faut « rester dans le moule », « rester à sa place », se conformer au programme, travailler individuellement, alors que dan la « vraie vie » il est préférable de ne pas s’enfermer dans une boîte, de bouger pour vivre sa vie et de privilégier les réalisations en groupe.
Dans la vie, travailler en groupe ça s’appelle coopérer ; à l’école, ça s’appelle tricher.
Dans la suite du livre, Idriss Aberkane :
- préconise le « home schooling », qui permettrait aux enfants d’apprendre par l’expérimentation, selon les principes du « fab lab » ;
- décrit le modèle d’éducation que nous connaissons comme du « gavage » : il faut « avaler » un programme « au rythme prévu par les formulaires éducatifs » ;
- préconise l’éducation multimodale et l’apprentissage par le jeu ;
- dénonce le côté pyramidal de l’Education Nationale : selon lui « pour avancer, il faudrait laisser une autonomie totale aux professeurs dans l’expérimentation pédagogique » et considérer que « tout enseignant, dès la maternelle, est un enseignant chercheur qui a pour mission d’améliorer les pratiques pédagogiques » ;
- affirme que nous avons tous des « psychatrices » (cicatrices psychologiques qui peuvent se réveiller lorsque nous sommes en relation avec d’autres personnes et qui, parfois, peuvent donner lieu à de la violence ;
- encourage la pratique des jeux vidéos (en évitant toutefois de tomber dans la dépendance) pour s’ouvrir la conscience et apprendre de façon moins ennuyeuse qu’à l’école ;
- suggère de créer des « quartiers multi-fonctions » pour éviter le « métro / boulot / dodo » et de rendre nos campus français plus vivants (un peu à l’image de ceux de la Silicon Valley) ;
- aborde le thème du marketing, en indiquant que, pour lui, il est basé sur la frustration, qui génère la violence ;
- introduit différentes notions liées au cerveau : « neurosagesse » (terme qu’il a inventé), « neuromimétisme », « neuronaissance » (notion de son invention) ;
- regrette le fait que nous produisons beaucoup de connaissances et très peu de sagesse et que, en conséquence, « nous passons notre temps à vivre dans la pensée des autres » ;
- met en avant l’importance de ne pas laisser quiconque « toucher à nos neurones sans notre accord » car « plus on gagne d’empire sur elles, plus on acquiert de liberté » ;
- affirme que « le XXIe siècle est noosphérique » : pour lui « toutes les conditions sont réunies pour que l’homme développe la sphère de ses pensées connectées » ;
- dénonce les risques de ce qu’il appelle le « neurofascisme », lié à la collecte de données nous concernant via nos connexions sur internet, la médecine connectée… ;
- évoque les dangers pour nous de la programmation génétique, du deep learning, de la datamétrie, de l’intelligence artificielle armée, des montres connectées, des applications de suivi du sommeil… ;
- prédit pour la « neuronique » la création de nombreux emplois ;
- conseille la pratique de la « gymnoétique » (gymnastique de l’esprit), qui a pour objectif d' »augmenter notre liberté de mouvement mental ».
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Beaucoup de longueurs, avec de très nombreux exemples de personnes qui sont capables de réaliser des « prouesses » grâce à leur cerveau, mais les réflexions propres à Idriss Aberkane sont très rares tout au long du livre.
Du coup, les quelques explications de fonctionnement du cerveau qu’il donne laisse indécis : est-ce vraiment la réalité d’un point de vue scientifique ?
A-t-il réellement fait des études de neurosciences cognitives ?
Est-il effectivement une expert en neuroergonomie, comme il le prétend ?