Publié dans Roman noir

« Underworld USA »

James Ellroy

Lecture commencée début octobre 2019

Un fourgon blindé est attaqué par trois hommes masqués, avec la complicité du conducteur d’un camion de lait qui a provoqué une collision, et l’un des braqueurs tue et fait brûler ses deux acolytes afin qu’ils soient méconnaissables…

Don Crutch Field, dit Crutch, est un jeune détective, qui aime les femmes…

Wayne Tedrow, ancien policier, fabrique de la drogue…

Dwight Holly assure la basse besogne pour Edgar Hoover, le directeur du FBI…

Fred Otash est propriétaire d’un hôtel casino à Las Végas (le Golden Cavern), après avoir été, entre autres, policier et détective privé pour des célébrités…

Clyde Duber est détective privé à Los Angeles…

Un cadre obscur : les Etats-Unis de la fin des années 1960, sur fonds de conspiration contre Martin Luther King et Robert Kennedy.

Le contexte est évoqué au travers de titres de journaux et de mémos du FBI :

  • assassinat de Martin Luther King (dont certaines rumeurs affirment qu’il serait le résultat d’un complot du FBI ;
  • convention démocrate de Miami et de Chicago, où les deux protagonistes sont Nixon et Humphrey ;
  • enquête sur le braquage décrit au début du livre, qui n’a toujours pas abouti 4 ans après ;
  • volonté du FBI de déstabiliser le mouvement militant noir en infiltrant certains groupes.

Le vocabulaire est assez vulgaire, adapté u style des personnages.


Vocabulaire :
Un salmigondis mots = un mélange confus et disparate de mots.

J‘ai essayé de persister, mais je n’ai pas accroché à l’histoire ; peut-être parce que je n’avais pas lu les deux premiers tomes de cette saga ???

Publié dans Roman

« Les grandes blondes »

Jean Echenoz

Lu en septembre 2019

Paul Salvador, la quarantaine, travaille pour une maison de production de programmes pour la télévision. Dans le cadre de la préparation d’une émission, il souhaite récolter des informations sur une certaine Gloria Stella. Il rencontre Jouve, un enquêteur, qui confie cette mission à Jean-Claude Kostner.

Ce dernier se rend en Bretagne pour commencer ses investigations, mais il se laisse charmer par une personne à qui il a demandé son chemin et celle-ci finit par… le pousser du haut d’une falaise. Il s’avère que c’est la femme qu’il recherchait, et il a eu le tort de lui montrer sa photo…

Cela fait quatre ans que Gloria Stella, de son vrai nom Gloire Abgall, a disparu, après avoir défrayé la chronique dans les rubriques « Célébrités », puis « Faits divers », puis « Justice » : c’est au moment où elle est sortie de prison que plus personne n’a eu de ses nouvelles…

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Sur la route du papier, avec Erik Orsenna…

Si le papier est fabriqué à partir d’une pâte liquide, un mélange homogène, le papyrus vient d’un tissage de fibres. Elles proviennent d’une espèce de roseaux abondantes sur les rives du Nil. A l ‘intérieur de la tige est une moelle fibreuse que l’on découpe en lamelles.
Une première ouche est constituée de ces lamelles alignées côte à côte et verticalement.
On lui superpose une seconde couche, formée de semblables lamelles, mais placées horizontalement.
On arrose avec de l’eau du fleuve.
Puis on martèle longuement l’ensemble pour que les lamelles horizontales et verticales s’imbriquent.
Il ne reste plus qu’à laisser sécher et blanchir au soleil d’Egypte.
On peut lisser la surface avec une pierre, on peut aussi lui ajouter de l’amidon pour y faciliter l’écriture.
En cousant diverses feuilles, on fabrique des rouleaux.


Première étape du voyage sur la route du papier : la Chine.
Turpan (au Nord-Ouest du pays), qui abrite un musée exposant des manuscrits et des vêtements en papier
Bezeklik
La montagne flamboyante
Lanzhou
Dunhuang
Le désert du Taklamakan
Les grottes de Mogao

Cap ensuite sur l’Italie…
L’Ombrie
Les Marches
Fabriano, son musée du papier, son muée de la bicyclette
Arezzo

Puis l’Alsace du Sud…
Sundgay
Moernach, où Erik Orsenna recommande l’Auberge des 2 clés
Ferrette
Linsdorf
Saint Blaise
Liebenswiller

Viennent ensuite :
Le Canada (Trois Rivières, Ottawa, La Tuque)
La Russie (Svetogorsk)
La Suède (Ostavall, Gavle)

Retour en France :
Les Landes
La Courneuve
Grenoble et la Cellulose Valley
Nanterre
Crèvecoeur (fabrication de papier monnaie et autres papiers servant à la fabrication de documents susceptibles d’être falsifiés : passeport, places de concert…)

Et enfin, plus au Sud…
Le Portugal : Torres Nova et son usine de fabrication de papier toilette

On produit chaque année dans le monde 400 millions de tonnes de pâtes à papier. L’une des plus grosses entreprises de production de papier (Asia Pulp and Paper) se trouve à Sumatra, en Indonésie.


Quelles sont les étapes de la création romanesque ?
D’abord, sans bien s’en rendre compte, l’écrivain trie entre toutes les informations reçues : entre tous les souvenirs engrangés il choisit ceux qui pourront lui servir.
Ensuite, et toujours dans le même état de semi-conscience, il récupère, c’est à dire qu’il commence à constituer à partir de ce magma un bloc à peu près homogène, en d’autres termes l’esquisse d’une histoire.
Enfin, il recyle. Il mélange ces éléments disparates, il les triture, il unit , il fabrique une page qu’il étire, qu’il étend, qu’il apprête… Ne parle-t-on pas de la « pâte romanesque » ?
Le romancier est un papetier qui s’ignore, un recycleur instinctif.

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Autour des mots, avec Erik Orsenna…

Les Chevaliers du Subjonctif

Vous savez que le mot « curieux » vient du latin cura : le soin ? Soyons fiers de notre défaut : être curieux, c’est prendre soin. Soin du mon et de ses habitants.

La grammaire est une chanson douce

Les mots sont les petits moteurs de la vie.

Les mots, c’est comme les notes. Il ne suffit pas de les accumuler. Sans règles, pas d’harmonie. Pas de musique. Rien que des bruits. La musique a besoin de solfège, comme la parole a besoin de grammaire.

Tel est le premier métier des mots : poser sur toutes les choses du monde une étiquette, pour s’y reconnaître. (…) Les mots chargés de ce métier terrible s’appellent les noms. (…) Il y a des noms hommes, ce sont les masculins, et des noms femmes, les féminins. Il y a des noms qui étiquettent les humains : ce sont les prénoms.

Les articles marchent devant les noms, en agitant une clochette : attention, le nom qui me suit est un masculin, attention, c’est un féminin !

Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois il est trop tard pour les sauver.

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« Le Camisard assassiné »

Michel Debouverie

Lu en juillet 2019

C’est l’historie de plusieurs familles protestantes du village gardois de Combas (où vit l’auteur) sur fonds de rivalités entre catholiques et protestants, entre 1685 (date de la Révocation de l’Edit de Nantes) et 1704 (fin de la Guerre des Camisards).

Premier roman d’un ingénieur qui a passé toute sa carrière professionnelle dans l’industrie (et a dirigé le site où je travaille juste avant de prendre sa retraite).

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« Le Vicomte de Bragelonne »

Alexandre Dumas

Lu de mi-janvier 2019 à mi-juin 2019

C’est la première fois que je lis un roman aussi imposant (3 volumes de 900 pages) mais à aucun moment je ne l’ai trouvé long.

L’histoire commence en 1660 au château de Blois, où vivent notamment Gaston d’Orléans (fils d’Henry IV), Anne Constance de Montalais (fille d’honneur de la duchesse d’Orléans) et son amie, Louise de La Vallière. C’est là qu’arrive le Vicomte de Bragelonne (fils d’Athos) pour annoncer la venue prochaine du roi, Louis XIV. Au château et dans la ville, tout le monde s’active donc pour préparer l’arrivée du souverain et de sa cour…

Toujours à Blois, le roi d’Angleterre déchu, Charles II (qui est présent dans la ville incognito) parvient à s’introduire auprès de Louis XIV pour lui raconter ses infortunes et lui demander son aide, soit en argent soit en hommes. Le souverain français lui explique qu’il n’a pas d’argent et que le pouvoir, c’est en fait Mazarin qui le détient. Sa visite auprès de ce dernier est l’occasion d’évoquer la politique du Cardinal vis-à-vis de l’Angleterre : pour ce dernier Charles II (qui est le cousin germain de Louis XIV) ne devrait pas se trouver en France et y être hébergé… et dans le contexte des relations franco-britanniques, il ne peut pas mettre des hommes à disposition de Charles II. En Angleterre, ce dernier a vu ses droits au trône contestés par le général Minck, mais il finira par les retrouver grâce à l’entremise de d’Artagnan.

Apparaît ensuite Athos, chez qui Charles II se rend incognito : c’est ainsi que l’on apprend que l’ancien mousquetaire a assisté à la mort sur l’échafaud du père de Charles II.

Puis, c’est d’Artagnan qui entre en scène, à la recherche d’Aramis puis de Porthos, mais le premier n’est pas à Melun et le second pas chez lui, à Pierrefonds. Là, il échange avec Mousqueton, le domestique de Porthos, qui lui explique leur organisation : chaque jour est consacré à un plaisir (plaisirs du seigneur, plaisirs mondains, plaisirs savants, plaisirs champêtres, plaisirs olympiques, plaisirs nobles et guerriers, plaisirs spirituels), et tous les jours ils pratiquent les plaisirs matériels (bon repas, bon vin…). Et il apprend que Porthos est parti précipitamment sui à une lettre reçue d’Aramis. D’Artagnan décide alors de se rendre à Paris, où il rend visite à Planchet, son ancien serviteur, à qui il fait part d’une projet d’association financière qu’il souhaitait proposer à ses amis Athos, Aramis et Porthos, qui étaient absents de chez eux lorsqu’il est est passé les voir pour leur en parler.

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« Le joueur »

Dostoïevski

Lu en janvier 2019

Le narrateur est précepteur. Il fait partie de la « suite » d’un général russe qui, bien que ruiné, veut mener la belle vie, dans un grand hôtel d’une ville d’eau (fictive), où certains personnes de son entourage jouent au casino pour essayer de gagner de l’argent : l’occasion pour l’auteur (par la bouche du narrateur) de faire part de ses réflexions sur l’avidité, sur le hasard lié au jeu…

Il se trouve que le général a une dette (via une hypothèque) envers un certain marquis des Grieux et que le seul moyen pour lui de se désengager serait que « la grand-mère » meure.

Le narrateur, quant à lui, éprouve de la compassion pour Pauline, la belle-fille du général, mais celle-ci s’en amuse… Un jour, poussé par Pauline, il va provoque le  »baron » qui le prend mal et s’en plaint au général, qui congédie le narrateur : ce dernier n’a pas respecté la prononciation berlinoise face au baron. Il se rend alors chez M. Astley, qui l’a en estime, pour le tenir au courant de la situation.

Cette rencontre est en outre l’occasion pour le narrateur d’apprendre certaines informations concernant « Mademoiselle Blanche », la fiancée du général, qui ne sont pas à son avantage… Les deux hommes évoquent également la « Baboulinka » (la grand-mère) dont le décès est attendu par une grande partie de l’entourage du général : lui-même, pour se marier avec Mademoiselle Blanche ; Pauline, pour avoir une dot ; le marquis des Grieux, pour être remboursé de l’hypothèque contractée auprès de lui par le général.

En rentrant à son hôtel, le narrateur a la surprise de découvrir, sur le perron du bâtiment, la grand-mère avec toute sa suite… Elle est alors amenée par ses domestiques dans l’appartement du général, où tout son entourage est réuni : tous sont stupéfaits en voyant la vieille dame (qui est en fait la grand-mère de Pauline et la tante du général).

Après qu’on lui ait fait visiter son appartement (très luxueux), la grand-mère, au grand dam de tous, demande à être amenée au casino. Le narrateur l’y accompagne et elle gagne beaucoup d’argent ; mais lorsqu’elle y retourne elle perd tout…

Plus tard, le narrateur, qui a gagné une importante somme au casino, accepte de partir pour Paris avec Mademoiselle Blanche (la maîtresse du général, qu’elle a éloigné de l’hôtel pour lui fausser compagnie). Là, elle dépense sans compter l’argent gagné par le narrateur, qui ne le lui reproche nullement, bien qu’elle fasse tout pour le provoquer en ce sens. Il semblerait que pour le narrateur l’argent n’ait aucune valeur…

On apprend également que le général a rejoint Blanche à Paris une semaine après son arrivée dans la capitale française et qu’ils se sont mariés dans l’intimité.

Le narrateur quant à lui part pour l’Allemagne et séjourne à Baden, où il entre au service d’un conseiller (Hinze) pour gagner un peu d’argent. Mais l’attrait pour le jeu est plus fort que lui, et il retourne au casino, où il gagne souvent.

Il s’installe ensuite à Hambourg, où sa passion pour le jeu s’envenime. Il rencontre d’ailleurs par hasard M. Adtley, qui le met en barde contre ce vice et lui donne quelques nouvelles de leurs amis de l’époque où ils étaient dans la ville d’eau :

  • Pauline a reçu une rente de la grand-mère à son décès.
  • Le général est mort d’une attaque.
  • Mademoiselle Blanche a récupéré tout ce dont le général avait hérité de la grand-mère.

Quand à des Grieux, il ne veut pas en parler, et finit par lui révéler que c’est en fait lui, le narrateur, que Pauline aimait…

Vocabulaire :
Camériste = femme de chambre
Etique = d'une extrême maigreur
Fatuité = satisfaction excessive et ridicule de soi-même
Gants beurre frais = gants en maille ou en cuir dont la couleur rappelle celle du beurre frais
Ignominieusement = d'une façon qui suscite de déshonneur
Morigéner = réprimander au nom de la morale
Pusillanimité = timidité excessive, manque de courage
Verste = ancienne mesure de longueur utilisée en Russie

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« Introduction aux mystères »

Misha Gromov

Lecture en janvier 2019

Recueil d’extraits de textes de philosophes et de scientifiques sur la science, les mathématiques, le tempête l’espace, la physique, les lois, l’évolution, agrémentés de commentaires du mathématicien Misha Gromov.

Une approche aisée de la pensée scientifique, pour les novices en la matière, dont je fais partie…

Une démonstration mathématique n’est pas une simple juxtaposition de syllogismes, ce sont des syllogismes placés dans un certain ordre et l’ordre dans lequel ces éléments sont placés est beaucoup plus important que ne le sont ces élément eux-mêmes. Henri Poincaré

Toute estimation comparative de grandeurs, ou toute mesure de relation spatiales, part d’un présupposé sur le comportement physique de certains corps , que ce soit celui de notre propre corps ou des instruments de mesure utilisés. Hermann Von Helmholtz