Publié dans Non classé

« Marcher à Kerguelen »

François Garde

Lu en janvier 2020

Un environnement hostile…

La traversée de l’île du Nord au Sud n’avait été réalisée qu’une seule fois auparavant, par Isabelle Austissier, en 1999.

L’auteur est accompagné par :
– Bertrand, qui a commandé plusieurs navires de surveillance des pêches autour de Kerguelen ;
– Mika, qui a effectué plusieurs séjours à Kerguelen ;
– Fred, patron de l’unité médicale de haute montagne de Chamonix.

Chacun des marcheurs a une expertise particulière : « Mika connaît les secrets de la naissance des montagnes et des caprices des glaciers ; Bertrand ceux de la danse des vents, des nuages et de la pluie ; Fred ceux du corps human et de ses misères. »

Quant à l’objectif leur marche, l’auteur l’explique ainsi : « Notre périple est modestement inutile. Nous ne servons aucun but, aucune cause. Nous ne défendons aucun engagement et ne revendiquons aucune protection. Nous trouvons notre bonheur dans la marche, non dans la démarche. »

Baptiser [les lieux], c’est arracher au néant ; donner à voir à ceux qui sont loin ; féconder l’imaginaire.

Le nuancier de Kerguelen est assez pauvre. Les lumières qui peinent à percer l’amoncellement de nuages semblent toujours rasantes, même en pleine journée, et déclinent dès le début d’après-midi. Taches jaune pale des mousses, vert pâle des coussins d’azorelle, vert plus sombre des étendues d’acanea, taches brunes, grises et noires du sable et des rochers. Toutes ces teintes sont affadies, comme un tissu trop souvent lavé et qui a perdu son éclat. Ce camaïeu terne est relevé par le blanc d’un lichen, le presque rose d’un bloc erratique. Le bleu se réfugie dans la mer ou le ciel, mais la mer reste d’un bleu sombre, menaçant. Seul le ciel octroie parfois des éclats d’un bleu innocent, soutenu, généreux – toujours provisoire et prompt à se voiler. Le rouge n’existe pas – sauf la cabane.

Lecture apaisante, que je conseille pour les périodes de stress.


Vocabulaire :
Animalcule = animal minuscule.
Castramention = Dans la mythologie grecques, les Danaïdes ont été condamnées à remplir éternellement des jarres percées :  l’expression du « tonneau des Danaïdes » désigne une tâche absurde, sans fin ou impossible.
Exondé = émerger, se découvrir en parlant d'un lieu précédemment inondé.
Haret = animal domestiqué retourné à l'état sauvage.
Hypogée = tombe souterraine.
Navire drossé sur les rochers = navire qui a été détourné de sa route et s'est échoué sur les rochers.
Orant = personnage représenté dans une attitude de prière.
Provende = mélange alimentaire destiné aux animaux d'élevage.
Souille = lieu bourbeux où les sangliers aiment se vautrer.
Publié dans Essai

« Indignez vous ! »

Stéphane Hessel

Lu en janvier 2019

Stéphane Hessel y fait le rapprochement entre l’indignation, que doivent susciter pour lui certains évènements contemporains de l’écriture du livre (2010), et l’esprit de la Résistance.

L’exaspération est un déni de l’espoir. Elle est compréhensible, ne dirais presque qu’elle est naturelle, je dirais presque qu’elle est naturelle, mais pour autant elle n’est pas acceptable. Parce qu’elle ne permet pas d’obtenir les résultats que peut éventuellement produire l’espérance.

Publié dans Roman

« Le troisième homme »

Graham Greene

Lu en décembre 2019

Vienne (Autriche)… la ville est divisée en quatre zones depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Rollo Martins (qui a aussi un nom de plume : Dexter) y fait son entrée, sur l’invitation d’Harry Lime, qui, entre temps, est décédé ; mais il n’en n’a pas été informé…

Très vite, il apprend de Kurtz que Lime est mort écrasé par une voiture et rencontre l’homme qui a entendu l’accident : Koch. Ce dernier lui indique qu’il a vu trois hommes, en plus du conducteur, sur le Lieu de l’accident, alors que la version officielle fait état de deux hommes.

En son for intérieur Martins pense que Lime a été assassiné et il décide de mener l’enquête…

Il fait alors la connaissance d’Anna, qui a bien connu Lime, puis se rend chez Cooler, témoin de l’accident.

Peu de temps après, Koch est retrouvé mort chez lui…

Quant à Martins, il est conduit à la police pour être interrogé.
Dans un premier temps, il est placé devant un groupe de personnes qui lui parlent de littérature, puis il est amené au colonel Coloway ; c’est alors lui qui devient le narrateur : l’entretien est décrit de son point de vue.
D’ailleurs à chaque fois que Colloway fait partie d’une scène, c’est le je qui est utilisé.

Un jour, Martins avoue à Anna qu’il l’aime… ; et puis, croyant avoir une hallucination, il aperçoit le visage d’Harry Lime !

Plus tard, il se Rend chez Kurtz et lui demande d’informer Harry que, durant les deux prochaines heures, il l’attendra au pied de la grande roue.
Une heure après, Harry se manifeste… et ils montent ensemble dans la grande roue pour discuter.

Finalement, Harry Lime (dont on apprend qu’il est trafiquant de pénicilline, meurt dans les égouts de Vienne, poursuivi par Martins et les hommes de Colloway…

Publié dans Reportage

« L’été dangereux »

Ernest Hemingway

Lu en décembre 2019

L’introduction, rédigée par James A. Michenu est une très instructive initiation au monde de la taureaumachie.

Hemingway relate ses pérégrinations en Espagne, dans les années 1950, sur les traces des corridas où officie son ami torero Antonio Ordonez.

N’importe qui peut affronter la mort mais se consacrer à l’amener aussi près que possible tout en effectuant certains mouvements classiques et le faire encore et toujours avant de l’administrer soi-même avec une épée à un animal pesant une demi-tonne et que l’on aime est plus compliqué que de seulement affronter la mort. C’est affronter sa propre prestation d’artiste et de créateur chaque jour et la nécessité d’agir en tueur adroit.

Publié dans Développement personnel

« Les quatre accords toltèques »

Don Miguel Ruiz

Lu en novembre 2019

Enfants, nous sommes « domestiqués » par nos parents, l’école… Plus tard, nous nous domestiquons nous-mêmes par rapport aux impératifs de la société dans laquelle nous vivons ; ceci par « peur de… », notamment par crainte de ne pas être assez bien pour les autres. Cela génère des émotions négatives qui sont source de souffrances.

Premier accord toltèque : « Que votre parole soit impeccable . »
Votre parole, nous dit l’auteur, « représente votre capacité à vous exprimer, à communiquer, à penser, et donc à créer les événements de votre vie ».
« Si elle réussit à capter notre attention, une parole peut pénétrer notre esprit et changer toute une croyance, en mieux ou en pire. »
Avoir une parole impeccable, c’est en quelque sorte être respectueux de soi-même et des autres, ne pas propager de rumeur… car une parole peut avoir des conséquences nėfastes sur la vie d’une personne. D’où l’importance de faire attention à ce que l’on dit et ce que l’on écrit…

Deuxième accord toltèque : « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. »
« En prenant les choses personnellement, vous vous programmez à souffrir pour rien », prévient l’auteur. Son conseil : ne pas nous formaliser pour les médisances des autres à notre égard.
Cela permet de gagner confiance en soi.

Troisième accord totèque : « Ne faites pas de supposition. »
Plutôt que de supposer quelque chose, que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, mieux vaut poser des questions.
De même, il est préférable d’exprimer ses besoins plutôt que de penser que l’autre va les deviner.

Quatrième accord toltèque : « Faites toujours de votre mieux. »
Notre « mieux » est différent selon les jours, selon les circonstances, selon Notre état… ce n’est pas quelque chose de figé ; cela évolue avec le temps…
Lorsque nous devons faire des choses qui nous portent peine, il est important de voir le côté positif de ce que cela nous apporte.

Selon les Toltèques, il existe 3 maîtrises :
– maîtrise de l’attention : « être conscient de qui l’on est vraiment avec toutes ses possibilités » ;
– maîtrise de la transformation : « comment changer » ;
– maîtrise de l’intention : « composante de la vie qui rend possible la transformation de l’énergie ».


L’attention est la capacité d’être sélectif et de se concentrer exclusivement sur ce que l’on veut percevoir.

La seule raison pour laquelle vous êtes heureux est parce que vous en faites le choix. Le bonheur, tout comme la souffrance, est un choix.


Au premier abord, le vocabulaire est un peu mystique… mais le livre se lit facilement.

Pour Bernard Flavien (podcast apm : Les 4 accords Toltèques au service du Management), les 4 accords toltèques sont un code de bonne conduite.

Publié dans Essai

« Eloge de la folie »

Erasme

Lu en novembre 2019

Dans la Préface, Maurice Rat (écrivain, philologue, traducteur et critique littéraire français / 1891-1969) indique qu’il s’agit d’un « passe-temps de lettré en voyage ».

Il n’y a pas de chapitre, seulement des paragraphes, sur 81 pages.

L' »Eloge de la folie » est une sorte de méditation en marchant (ou plutôt à cheval) alors qu’Erasme voyage d’Italie en Angleterre, où il va retrouver son ami Thomas Morus.

Le narrateur, c’est la Folie, qui décrit ses propres effets sur les hommes, mais aussi sur les dieux.

Après avoir évoqué les principales formes de folie, la Folie s’attarde sur Philautie, l’amour propre, et sur Flatterie, qui sont très proches : la première s’exerce envers sois-même, la seconde envers les autres.

Elle s’intéresse ensuite aux poètes, aux grammairiens, aux écrivains, aux philosophes, aux théologiens, aux religieux, aux rois et aux « gens de cour », aux souverains pontifes, cardinaux et évêque… et ne se prive pas de faire largement référence aux Saintes Ecritures et aux interprétations qui en ont été faites.

Dans la « Lettre à Dorpius » qui suit l' »Eloge de la Folie », Erasme répond à un courrier que lui a adressé son amis Dorpius, porte-parole des théologiens. Il y évoque notamment les critiques de certains théologiens envers son « Eloge de la folie ».

Dame Nature, génitrice et fabricante du genre humain, a bien soin de laisser en tout un grain de folie.

Rien n’est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles ; mais rien n’est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses.

L’erreur est énorme de faire résider le bonheur dans les réalités : il dépend de l’opinion qu’on a d’elles.

Vocabulaire :
Dédicatoire = qui contient la dédicace d'un livre
Parangon de sagesse = exemple de sagesse

Publié dans Roman noir

« Sailor et Lula »

Barry Gifford

Lu en octobre 2019

Sailor vient de sortir de prison : il a été condamné à 2 ans pour avoir abattu un homme qui avait essayé de le tuer.

Lula, la vingtaine, brave l’interdiction de sa mère pour le retrouver et ils prennent la fuite ensemble à travers le Sud des Etats-Unis, bientôt poursuivis par Johnny Farragut, un détective ami de la mère de Lula (Marietta).

Nous les retrouvons à La Nouvelle Orléans ; et c’est justement là que se rend Johnny, ayant toutes les raisons de penser qu’il y trouvera les jeunes gens.

Un jour, Lula aperçoit le détective engagé par sa mère et en informe Sailor…

Marietta, quant à elle, se fait énormément de souci pour sa fille, persuadée qu’elle a été enlevée par Sailor.

Ce dernier se laisse embringuer par un truand local et participe à un hold-up dans un magasin. Il est arrêté et emprisonné pour 10 ans.

Lula, enceinte, retourne chez sa mère, qui l’a retrouvée grâce à Johnny.

Sailor, à sa sortie de prison refusera d’aller vivre avec Lula et son fils, prétextant qu’ils se sont très bien débrouillés sans lui pendant 10 ans…


Au début, j’ai eu du mal à me repérer : qui est Sailor, qui est Lula ?

Le livre est très facile à lire, avec des chapitres très courts (quelques pages).

Il a été adapté au cinéma par David Lynch.

Publié dans Roman

« Retour à la montagne »

Frison Roche

Lu en octobre 2019

Dans les années 1930, Zian, un guide de Chamonix, est mort en montagne.
Sa femme, Brigitte, qui s’était éloignée de la ville, y revient accompagnée par ses parents (qui désapprouvaient son mariage) pour assister à ses obsèques.

Elle décide alors de rester à Chamonix, allant jusqu’à laisser la confortable villa où elle avait habité avec Zian pour aller vivre dans la ferme familiale de son défunt mari.

C’est là quelle met au monde l’enfant de ce dernier : Jean-Baptiste (que tout le monde appelle Zian). Et puis elle décide de chercher du travail : malgré plusieurs refus liés à son histoire avec Zian, elle finit par trouver un emploi dans une agence immobilière appartenant à une connaissance de Jean Guerre, son voisin et seul ami à Chamonix. Tout va alors pour le mieux pour elle… jusqu’au jour où elle trouve son patron mort sur son bureau.

L’agence est alors reprise par son fils, qui se montre très entreprenant à l’égard de Brigitte : cela lui déplaît fortement et l’incite à quitter son emploi.

Elle obtient alors un poste de gardienne de refuge, mais ne reçoit pas beaucoup de randonneurs. Heureusement, Peau d’Ane, qui est porteur pour alimenter les refuges (dans les années 1930, il n’y avait pas d’hélico !) lui rend régulièrement visite.

Un jour, des Allemands s’arrêtent à son gîte : ils veulent s’attaquer à la face Nord des Jorasses, qui jusque là n’ont jamais été gravies.

Ils se lancent à l’assaut de cette terrible paroi… mais ne survivront pas, malgré l’intervention audacieuse de Peau d’Ane et Brigitte, qui en ressort très affaiblie mais « adulée » par les guides de Chamonix.

Tous les personnages du récit ont pour vocation la montagne, qu’ils fréquentent soit comme bergers, soit comme guides, soit comme grimpeurs : montagne, quand tu nous gagnes… disait la publicité !