Publié dans Inspiration

« Trois amis en quête de sagesse »

Les trois amis, co-auteurs du livre, sont :

  • Christophe André, médecin psychiatre et auteur, qui a introduit la méditation en psychothérapie ;
  • Alexandre Jollien, philosophe auteur handicapé ;
  • Matthieu Ricard, moine bouddhiste et auteur, qui oeuvre au Népal pour les projets humanitaires de l’association Karuna-Shechen, et est conseiller et interprète du Dalaï lama.

Le livre est le fruit des échanges des trois amis qui se sont retrouvés pendant 15 jours dans une maison du Périgord, où ils accueillaient également d’autres amis qui ont contribué à l’enrichissement de leurs réflexions.

Après une présentation de leur parcours respectif, ils partagent leurs aspirations.

Les trois amis s’intéressent tout d’abord à l’égo.
Pour Christophe André, en psychologie l’ego correspond à l’estime de soi, qui est très largement influencée par nos relations sociales. Alexandre Jollien incite, quant à lui, à passer du « je » au « nous ».
Et pour Matthieu Ricard, « si le silence des organes est la santé physique, le silence de l’ego est la santé mentale ».

La discussion se poursuit ensuite autour de différents thèmes.

Pour chacun, j’ai relevé les citations qui m’ont le plus interpelée.

Les émotions :
Matthieu Ricard : « Si une émotion accroît notre paix intérieure et notre bien-être en nous incitant à aider autrui, on dit qu’elle est positive. Si elle trouble notre esprit et nous pousse à nuire aux autres, on dit qu’elle est négative. »
Christophe André : « Les émotions s’inscrivent dans notre patrimoine génétique d’humains et dans nos câblages cérébraux, et sont ensuite renforcées par notre éducation et notre milieu culturel. »
Alexandre Jollien : « Pour nous libérer des émotions perturbatrices, il faut d’abord cesser de les considérer comme des ennemis, des adversaires à abattre, mais bien plutôt les regarder comme des messages, voire des signaux d’alarme. »

L’écoute :
Christophe André : « On pourrait définir l’écoute comme une présence sans parole face à autrui, pendant laquelle toute mon attention, toute ma conscience, est tournée vers ce que dit autrui. »
Alexandre Jollien : « Ecouter, c’est s’arrêter, oser ne plis avoir une réponse toute faite, cesser d’ensevelir autrui sous des tonnes d’étiquettes. »

Le corps :
Christophe André : « Il y a une harmonie totale entre notre corps et notre esprit, qui marche dans les deux sens : un cerveau heureux va provoquer un visage heureux, mais un visage souriant facilite en retour les émotions positives. »
Matthieu Ricard : « Quand le corps va mal, au lieu de sombrer dans le désespoir, faire de ce mal une occasion de se transformer et de grandir en dépassant l’obstacle de la maladie. »

La souffrance :
Christophe André :  »La souffrance désigne l’impact de la douleur sur notre esprit. »

La cohérence :
Christophe André : « Il me semble qu’on peut parler de cohérence quand il y a un équilibre entre différents éléments d’une même entité. »
Matthieu Ricard : « Le manque de cohérence est souvent lié au sentiment exacerbé de l’importance de soi. Celui qui veut absolument afficher une image flatteuse ou trompeuse de lui-même a du mal à admettre ses fautes et à se montrer tel qu’il est. Il a tendance à tricher quand ses paroles et ses actes ne sont pas à la hauteur de l’apparence qu’il veut donner. »

L’altruisme :
Christophe André : « A mes yeux, l’altruisme réside dans l’attention prêtée aux besoins d’autrui et dans l’action pour les aider. »
Matthieu Ricard : « L’altruisme, ou l’amour altruiste, est essentiellement l’intention de faire le bien des autres. » ; « le préalable indispensable à l’ouverture aux autres », c’est « la réconciliation avec soi-même ».

La simplicité :
Christophe André préconise :
– l’allègement matériel (n’acheter que ce dont on a réellement besoin) ;
– l’allègement occupationnel (ne pas multiplier les activités : garder du temps pour ne rien faire, pour respirer…) ;
– l’allègement mental (ses séparer de ses craintes).
Pour Matthieu Ricard, il convient de simplifier nos pensées (éviter les cogitations inutiles), os paroles (éviter les bavardages superflus) et nos actes (supprimer les activités qui ne nous apportent que peu de satisfactions).

La culpabilité et le pardon :
Alexandre Jollien : « Regretter le passé, croupir dans les remords bouffent uine énergie considérablement. Pourquoi ne pas simplement prendre acte de nos erreurs et essayer d’en tirer un enseignement ? »
Matthieu Ricard : « Pardonner, c’est renoncer à la haine et au ressentiment pour les remplacer par la bienveillance et la compassion. »

La liberté :
Christophe André évoque 3 types de liberté :
– la liberté de pensée,
– la liberté de parole,
– la liberté d’action.

Le dernier chapitre du livre est consacré aux échanges entre les 3 hommes concernant leurs « pratiques quotidiennes » :
– Alexandre Jollien : méditation + présence à autrui + connexion avec la nature ;
– Matthieu Ricard : méditation + lecture ;
– Christophe André : méditation + promenade en forêt.


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« L’étrange voyage de Monsieur Daldry »

Marc Lévy

Nous sommes en 1950 à Londres…

A l’approche de Noël, Alice et ses amis décident de se rendre à la fête foraaine de Brighton, en train.
Là, la jeune femme rencontre une voyante qui lui conseille de partir en Turquie, où après avoir fait la connaissance de plusieurs personnes, elle rencontrera l' »homme de sa vie ».

Alice, créatrice de parfums, vit dans un appartement cossu dont la verrière rend « jaloux » son voisin, M. Daldry, qui est peintre : il convoitait cet appartement pour la lumière dont il bénéficie, mais la propriétaire a préféré le louer à Alice.

Petit à petit, Alice et M. Daldry comme,cet à sympathiser et se reçoivent régulièrement.

Un jour, poussée par son amie Carol, Alice se rend dans une agence de voyage et y récupère des brochures sur la Turquie.
En rentrant chez elle, sans s s’en rendre compte, elle en fait tomber une devant la porte de l’immeuble.

M. Daldry, qui arrive peu après, voit cette brochure et la ramasse, pensant qu’elle appartient sans doute à Alice, l’autre occupante de l’immeuble ne sortant jamais de chez elle.
Et lorsqu’il se rend chez Alice avec la brochure, il l’incite vivement à entreprendre ce voyage, suite à ce que lui avait dit la voyante de la fête foraine de Brighton.

Peu après, Alice décide d’entreprendre ce grand voyage, au cours duquel elle envisage de s’imprégner des senteurs locales pour créer de nouveaux parfums… dont une part des revenus sera reverse à M. Daldry, de même que si la Turquie inspire à ce dernier une peinture qui lui rapportera de l’argent, une partie de la somme qu’il encaissera sera donnée à Alice.

Les billets sont rapidement achetés par M. Daldry et, le lundi suivant, ce dernier et Alice prennent un taxi en direction… de l’aéroport (alors qu’Alice pensant partir en train).

En Turquie, Alice et M. Daldry sont accompagnés par un guide (Can) qui leur fait découvrir Istanbul.
Ils font également la connaissance d’une personne qui fabrique des parfums (comme Alice) : c’est l’occasion, pour Alice, de découvrir de nouvelles senteurs.

Un jour, Alice et M. Daldry sont reçus chez le Consul d’Angelterre, qu’Alice avait sollicité dans le cadre de ses recherches concernant ses parents : elle souhaite savoir s’ils sont venus en Turquie…

Grâce à Can, Alice retrouve un vieux monsieur qui a connu ses parents lorsqu’ils étaient à Istanbul, avec elle, qui était alors petite.

Presque chaque jour, Alice écrit une lettre à son ami Anton pour lui raconter sa journée, ses ressentis, mais aussi ses cauchemars qui « polluent » ses nuits.

Un matin, M. Daldry quitte Istanbul, pour retourner en Angleterre, sans dire au revoir à Alice, craignant qu’elle soit trop perturbée par des adieux formels.

Leur amitié se poursuit toutefois à travers une relation épistolaire : ils se racontent leur vie quotidienne…

Alice loge à présent ans un studio et passe ses journées dans l’atelier du parfumeur ; le soir, elle travaille dans le restaurant de la tante de Can.

Une jour, grâce à Can, Alice rencontre la nourrice qui s’occupait d’elle quand elle était petite.
Cette dernière lui apprend qu’elle s’appelle en fait Anouche et que se vrais parents étaient des Arméniens vivant en périphérie d’Istanbul qui ont été victimes des persécutions perpétrées contre les Arméniens en Turquie à cette période.
Son père était cordonnier et sa mère femme au foyer.
Quant à se parents « adoptifs », ils étaient à la même époque pharmaciens dans la rue où habitaient les parents d’Anouche et une certaine affection s’était instaurée entre la pharmacienne et Anouche.
Et ce sont eux qui se sont proposés pour amener Anouche avec eux en Angleterre , où ils allaient retourner : elle y serait en sécurité.

Alice apprend aussi qu’elle a un frère, Rafaël… et elle pense aussitôt que « l’homme de sa vie » que la voyante de Brighton l’a incitée à rechercher est sans doute son frère, dont elle a appris par la nourrice qu’il est pêcheur à bord de gros thoniers.

Elle se met donc en quête de ce dernier… Et un jour, par hasard, dans un restaurant Alice/Anouche rencontre Rafaël et ils deviennent rapidement très proches.
La jeune femme décide alors de s’installer définitivement à Istanbul, où vit Rafaël lorsqu’il n’est pas en mer.

Mais avant, elle retourne quelques jours à Londres, dans le but d’y boucler ses affaires.
Là, suite à un concours de circonstances, elle découvre que l »homme de sa vie » dont lui avait parlé la voyante de Brighton est en fait… M. Daldry.
Et ils finissent par s’avouer leur amour réciproque…

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« Libérez votre cerveau »

Idriss Aberkane

Idriss Aberkane est un conférencier et essayiste français très médiatisé, qui aborde des sujets de neurosciences appliquées, mais dont le parcours prétendument scientifique est très contesté, de même que ses activités entrepreneuriales, qui ne serviraient, en fait, qu’à le médiatiser.

Idriss Aberkane commence le livre en donnant des exemples de personnes dont les performances « sont de purs cas de neuroergonomie » (la neuroergonomie étant, selon l’auteur, le fait d' »utiliser son cerveau de façon ergonomique »).

Il critique la façon dont l’intelligence est mesurée via le « facteur G » ou le « QI ».

Il introduit ensuite la notion de « noodiversité ». Pour lui, tout comme l’agriculture industrielle appauvrit la biodiversité, l’éducation telle qu’elle est pratiquée appauvrit notre cerveau ; les « vertus » prônées par l’école sont tout le contraire de celles nécessaires dans la vraie vie : à l’école, il faut « rester dans le moule », « rester à sa place », se conformer au programme, travailler individuellement, alors que dan la « vraie vie » il est préférable de ne pas s’enfermer dans une boîte, de bouger pour vivre sa vie et de privilégier les réalisations en groupe.

Dans la vie, travailler en groupe ça s’appelle coopérer ; à l’école, ça s’appelle tricher.

Dans la suite du livre, Idriss Aberkane :

  • préconise le « home schooling », qui permettrait aux enfants d’apprendre par l’expérimentation, selon les principes du « fab lab » ;
  • décrit le modèle d’éducation que nous connaissons comme du « gavage » : il faut « avaler » un programme « au rythme prévu par les formulaires éducatifs » ;
  • préconise l’éducation multimodale et l’apprentissage par le jeu ;
  • dénonce le côté pyramidal de l’Education Nationale : selon lui « pour avancer, il faudrait laisser une autonomie totale aux professeurs dans l’expérimentation pédagogique » et considérer que « tout enseignant, dès la maternelle, est un enseignant chercheur qui a pour mission d’améliorer les pratiques pédagogiques » ;
  • affirme que nous avons tous des « psychatrices » (cicatrices psychologiques qui peuvent se réveiller lorsque nous sommes en relation avec d’autres personnes et qui, parfois, peuvent donner lieu à de la violence ;
  • encourage la pratique des jeux vidéos (en évitant toutefois de tomber dans la dépendance) pour s’ouvrir la conscience et apprendre de façon moins ennuyeuse qu’à l’école ;
  • suggère de créer des « quartiers multi-fonctions » pour éviter le « métro / boulot / dodo » et de rendre nos campus français plus vivants (un peu à l’image de ceux de la Silicon Valley) ;
  • aborde le thème du marketing, en indiquant que, pour lui, il est basé sur la frustration, qui génère la violence ;
  • introduit différentes notions liées au cerveau : « neurosagesse » (terme qu’il a inventé), « neuromimétisme », « neuronaissance » (notion de son invention) ;
  • regrette le fait que nous produisons beaucoup de connaissances et très peu de sagesse et que, en conséquence, « nous passons notre temps à vivre dans la pensée des autres » ;
  • met en avant l’importance de ne pas laisser quiconque « toucher à nos neurones sans notre accord » car « plus on gagne d’empire sur elles, plus on acquiert de liberté » ;
  • affirme que « le XXIe siècle est noosphérique » : pour lui « toutes les conditions sont réunies pour que l’homme développe la sphère de ses pensées connectées » ;
  • dénonce les risques de ce qu’il appelle le « neurofascisme », lié à la collecte de données nous concernant via nos connexions sur internet, la médecine connectée… ;
  • évoque les dangers pour nous de la programmation génétique, du deep learning, de la datamétrie, de l’intelligence artificielle armée, des montres connectées, des applications de suivi du sommeil… ;
  • prédit pour la « neuronique » la création de nombreux emplois ;
  • conseille la pratique de la « gymnoétique » (gymnastique de l’esprit), qui a pour objectif d' »augmenter notre liberté de mouvement mental ».

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Beaucoup de longueurs, avec de très nombreux exemples de personnes qui sont capables de réaliser des « prouesses » grâce à leur cerveau, mais les réflexions propres à Idriss Aberkane sont très rares tout au long du livre.
Du coup, les quelques explications de fonctionnement du cerveau qu’il donne laisse indécis : est-ce vraiment la réalité d’un point de vue scientifique ?
A-t-il réellement fait des études de neurosciences cognitives ?
Est-il effectivement une expert en neuroergonomie, comme il le prétend ?