Publié dans Vulgarisation scientifique

« Parlez-vous cerveau ? »

Lionel Naccache et Karine Naccache

Pour des raisons « pratiques », j’ai classé dans ce post les termes présentés par les auteurs par ordre alphabétique.
Chaque chapitre du livre peut se lire indépendamment, mais il est préférable de les lire dans l’ordre afin de prendre connaissance de la définition des termes au fur et à mesure qu »ils sont mentionnés par les auteurs.

Aire de Broca :
Cette zone du cerveau est spécialisée dans le langage.

Bilinguisme :
Langue maternelle : Elle est gérée par l’hémisphère gauche du cerveau, notamment l’aire de Broca.
Autre langue : Sa pratique fait appel à différentes régions du cerveau, avec une concentration plus importante sur la zone de la langue maternelle chez les personnes qui maîtrisent la deuxième langue.

Code neuronal :
C’est le « langage » utilisé par les neurones pour échanger entre eux.
Il n’a pas encore été déchiffré.

Conscience :
Elle est basée sur la façon dont les différentes régions du cerveau communiquent entre elles : elle n’est pas liée à une zone particulière du cerveau.

Corps calleux :
Il est le garant de la stabilité des deux hémisphères du cerveau et de l’identité subjective de l’individu.

Cortex :
C’est la zone « plissée » du cerveau, qui est en fait la partie la plus profonde de l’esprit.
Il est composée de plusieurs dizaines de milliards de neurones.
Le cortex visuel comprend deux voies : la voie dorsale, qui correspond au « comment » et la voie Verbale, qui correspond au « quoi ».

Créativité :
Le processus dans le cerveau est le suivant :
1) Réflexion au problème à résoudre via le réseau central de la conscience.
2) Incubation, sous l’action des neurones du cortex.
3) Remontée à la conscience de l’idée générée.
4) Vérification de l’idée.

Dissonance cognitive :
Cela correspond à une décision ou une action qui va à l’encontre des valeurs personnelles.

Douleur :
Elle prend naissance au niveau du cortex.

Formation réticulée :
C’est la zone qui pilote les cycles de veille et de sommeil.
Elle est située dans le tronc cérébral (au-dessus de la moelle épinière et sous les hémisphères cérébraux). Les neurones qu’elle contient sont reliés à ceux du cortex : lors du sommeil paradoxal, ce sont eux qui éveillent le cortex, rendant possibles les rêves.

Ganglions de la base :
C’est un ensemble de noyaux gris situés dans les profondeurs du cerveau qui communiquent avec les neurones du cortex via des faisceaux de substance blanche ; sans eux, les neurones du cortex ne sont plus capables de communiquer entre eux de façon normale, ce qui provoque des troubles de la motricité et des fonctions cognitives, typiques de la maladie de Parkinson.

Glie (aussi appelées « cellules gliales ») :
Il s’agit des cellules qui environnent les neurones et qui assurent leur oxygénation et leur alimentation tout en protégeant leurs axones [fibres nerveuses qui permettent de transmettre les signaux électriques entre les neurones].

Hippocampes (droit et gauche) :
Ils permettent la création de nouveaux souvenirs et l’orientation dans l’espace.

Lobe frontal :
Il gère la capacité à se projeter volontairement hors du présent, à inhiber certains comportements et à imaginer le futur.

Maladies du cerveau :
Autisme
AVC
Epilepsie
Maladie d’Alzheimer
Maladie de Parkinson
Psychose maniaco-dépressive
Schizonphrénie
Schlérose en plaques
Tumeurs cérébrales

Mémoire épisodique :
C’est la mémoire des épisodes de la vie de la personne.
Les autres formes de mémoire sont :
– la mémoire procédurale,
– la mémoire de travail,
– la mémoire par conditionnement,
– la mémoire sémantique.

Neurones :
II y en a 100 milliards dans le cerveau humain.
Ils intègrent des messages chimiques (via les synapses) qui leur indiquent de se mettre soit en mode repos soit en mode actif (auquel cas l’axone envoie un message aux autres systèmes qui doivent agir).
Les neurones sont les codeurs de chaque objet de l’esprit (perception, mémoire, raisonnement, sentiments…).
Les « neurones miroirs » contribuent à l’apprentissage du langage et d’activités motrices nécessitant une expertise.

Le neurone communique avec ses congénères au niveau des synapses, sous l’oeil bienveillant des cellules gliales, et ce grâce à des neutrotransmetteurs qui se fixent sur des récepteurs membranaires.

Neurotransmetteurs :
C’est le mécanisme chimique qui permet la communication entre les neurones.

Outils de neuro-imagerie :
Electroencéphalogramme : mesure de l’activité électrique du cerveau
IRM : observation de la structure et du fonctionnement du cerveau
IRM fonctionelle : observation du fonctionnement du cerveau
PET-scan : détection des cellules cancéreuses
Radiographie : images des structures cérébrales
Scanner : images détaillées de la structure du cerveau

Perceptions :
Le cerveau traite les données brutes transmises par la rétine pour que l’on voie ce qui nous entoure de façon nette sur la totalité de notre champs visuel.

Synapses :
C’est la zone de contact entre deux neurones voisins.

Les synapses sont l’un des lieux clés de notre cerveau où se jouent nos apprentissages, notre mémoire et notre identité.

Récepteurs membranaires :
Ce sont de très grosses protéines qui se trouvent dans les membranes des neurones et sur lesquelles se fixent les neurotransmetteurs libérés par le neurone en amont.

Plasticité cérébrale :
Il s’agit de l’adaptabilité du cerveau.

Système de récompense :
Il repose sur le réseau de neurones reliant de petites zones du cerveau situées dans les ganglions de la base à des zones du lobe frontal.

Temps du cerveau :
Il correspond à la construction par le cerveau de « ce à quoi devrait ressembler le futur immédiat » : c’est l’anticipation par le cerveau de ce qu’il va vivre.

Utilisation de seulement 10% de notre cerveau :
Un pur mythe !

Publié dans Développement personnel

« Développement (im)personnel »

Julia de Funès

Dans l’Antiquité, les hommes se situaient par rapport à la place qu’ils occupaient dans l’univers ; au Moyen-Âge, c’est la Religion qui est devenue la norme, puis, au 20e siècle, l’humanisme s’est imposé.
Ensuite, c’est le « moi » qui a pris le dessus comme référence absolue : les livres de développement personnel , pas si « personnel » que cela car s’adressant à tout le monde, se sont alors multipliés dans les rayons des librairies.

Cette « individualisation » se concrétise aussi bien dans la politique (la démocratie), que dans la médecine (médecine esthétique, médecine préventive, médecines douces, médecines parallèle…), le sport (culte du corps), l’éducation (à l’écoute de l’enfant), ou l’entreprise (auto-entrepreneur, développement du télétravail…).
Même le temps est impacté, avec la prédominance de l’immédiateté.

Le « moi » est également exacerbé par les réseaux sociaux où les « connexions multiples n’encouragent pas tant l’attention à l’autre que le souci du « moi » par rapport aux autres » ; c’est ainsi qu’est apparu ce que Julia de Funès appelle le »Narcisse 2.0″, qui « demeure attentif au nombre de like sur les posts, et à la vitrine de lui-même qu’il compose avec soin sur les réseaux sociaux.

L’écran a remplacé la lac, mais Narcisse 2.0 préfère encore et toujours l’image idéale qu’il renvoie de lui-même à la réalité fragile de ce qu’il est.

Cette évolution a donné lieu à une modification de la nature des troubles psychique : la névrose du 19e siècle (liée à un « écart » par rapport à une ,orme extérieure) a été remplacée par la dépression (liée au sentiment de ne pas pouvoir agir) qui a gagné le monde l’entreprise (sous la forme du bore-out, du brown-out et du burn-out) par la dépendance à un objet extérieur (shit, téléphone portable, cigarette, réseaux sociaux; opioïdes, anxiolytiques…) qui vient combler un certain vide intérieur, et par l’ « illusion que tout est possible » prônée par les coachs et ouvrages de développement personnel.

Les coachs sont les successeurs des prêtres et autres « directeurs de conscience » pour s’occuper de notre « moi ».
Leur profil type: la cinquantaine, une reconversion après une vie professionnelle souvent difficile, la frustration de ne pas avoir pu être « psy » (soit par manque de volonté réelle, soit par manque de compétences).
Quant aux formations et certifications qu’ils ont suivies, leur valeur est souvent contestable.
Pour ce qui est des « spécialités », il y en a pléthore sur la marché : conseiller conjugal, conseiller en éducation des enfants (exemple : Super Nany), home stager, coach sportif, conseiller funéraire, coach mental, coach en relooking, coach en esthétique, coach en nutrition, coach en entreprise (dont le Chief Happiness Officer recruté dans certaines sociétés).

Le « développement personnel » (« ensemble hétéroclite de courants de pensée et de méthodes ayant pour objectifs l’amélioration de la connaissance de soi, la valorisation des talents, l’amélioration de la qualité de vie, la réalisation de ses aspirations et de ses rêves ») a vu le jour dès l’Antiquité, avec les Sophistes ; mais c’est surtout au 20e siècle qu’i la pris son essor avec : la méthode Coué, Dale Carnegie, la PNL, puis une foultitude d’ouvrages, à tel point que c’est devenu une « mode littéraire » qui connaît un franc succès.

Cette dernière répond aux besoins d’authenticité, d’autonomie, d’égalitarisme, de retour sur soi (la « concentration narcissique »), d’accès à l’information sans effort (le langage utilisé est simple), de rêve accessible, d’immédiateté, de gestion de soi-même.

Les auteurs d’ouvrages de développement personnel font preuve, dans leurs écrits, d’une empathie exacerbée et exercent une forme de séduction, voire de manipulation, en ayant recours à des promesses qui font rêver le lecteur : devenir maître de soi et de sa vie, « réparer » un manque de courage ou de volonté, développer son potentiel de manière exponentielle.
Tous leurs ouvrages proposent des « recettes » qu’il suffirait de suivre étape par étape.
Ils s’appuient sur la « peur de ne pas être soi-même » et de « ne pas correspondre exactement à l’image renvoyée de soi-même » ; ils nous invitent à « cesser de… », bannir les « il faut… ».

Les coachs font par ailleurs montre d’une incohérence lorsqu’ils conseillent de ne pas tenir compte du regard des autres et, en même temps, de soigner son image…

Beaucoup d’ouvrages de développement personnel sont empreints de mysticisme (« Le mysticisme se fonde sur un croyance qui admet des communications secrètes entre l’homme et la divinité. »). Ils font appels à la croyance des lecteurs.

Le développement personnel fonde la connaissance de soi sur l’introspection, alors que pour les philosophes de l’Antiquité, c’est « en s’ouvrant à l’extérieur que le « moi » véritable advient ».
L’épanouissement personnel serait, selon les coachs et les auteurs de livres de développement personnel, entièrement dépendant de la volonté de l’individu. Et le « moi » serait atteignable rapidement en appliquant quelques recettes simples…

Deux concepts essentiels sont prônés par le développement personnel : la cohérence (ou alignement) et l’attachement au moment présent. Il valorise, d’autre part, le « moi » sous contrôle quels que soient l’environnement, le contexte…

Et quid des « outils » et « kits » en tous genres proposés par le coachs et les auteurs de livres de développement personnel ?
Très prisés pendant un temps, ils sont tombés en désuétude faut d’avoir fiat leurs preuves.

Quant aux techniques comportementales, mises en avant par les chantres du développement personnel, elles prônent la rapidité, alors que, selon Julia de Funès, « nos devrions apprendre à être lents pour devenir forts, car la lenteur permet de ne pas disperser notre énergie à la moindre sollicitation et d’engranger de la puissance. »

Les coachs avec leurs clients et les auteurs d’ouvrages de développement personnel avec leurs lecteurs entretiennent une relation de soumission psychologique.


Julia de Funès propose dans son livre une réflexion intéressante sur certaines dérives du « développement personnel » en faisant le parallèle avec des références aux pensées et principes de certains philosophes.
Ceci rend, à mon sens, le propos assez complexe pour un lecteur/une lectrice qui n’aurait jamais étudié un minimum la philosophie.