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« A perte de vue, la mer gelée »

François Garde

L’auteur narre les aventures de Pythéas, le premier explorateur polaire, au 4e siècle siècle av. JC, en s’adressant à lui et en le tutoyant.

Après avoir participé à des voyages maritimes commerciaux pour son père puis en avoir dirigé lui-même plusieurs, petit à petit Pythéas ressent l’envie, à la quarantaine, d’explorer ce qui se trouve au-delà de « l’Autre Bretagne », où personne ne s’est jamais aventuré…

Il a entendu parler de l’Arctique et s’interroge sur ce que l’on pourrait trouver dans cette région inconnue.

Pour financer son expédition polaire, Pythéas fait appel à sa famille (de riches négociants), et notamment à son frère, qui vise un poste de consul à Massalia (Marseille).

Avec l’accord de ce dernier, Pythéas se lance dans la préparation de deux navires (deux pour des raisons de sécurité en cas de problème sur l’un d’eux) et choisit un deuxième capitaine et deux équipages. Il obtient même l’accord des consuls de la ville pour arborer le pavillon de Massalia !

Après avoir passé les « colonnes d’Hercule », les deux navires remontent vers l' »Autre Bretagne », où Pythéas comptait vendre du blé en échange d’étain au roi Beodulf (qui était devenu son allié dan la région), mais il apprend qu’il a été assassiné… et les négociations s’avèrent compliquées avec le ministère qui assure maintenant le pouvoir.

Après une escale de ce fait prolongée, les deux navires reprennent la mer vers le Nord, et une fois les îlots passés, c’est l’inconnu total…

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Habituellement, je ne suis pas fan des récits d’aventures, mais là j’ai été bluffée !

#aventure #expeditionpolaire

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« L’arche des Kerguelen »

Jean-Paul Kauffmann

Lu en janvier 2020

Jean-Paul Kauffmann rappelle au début du livre qu’on ne peut accéder à Kerguelen qu’en bateau au début de la Réunion, à bord du Mario-Dufresne (qui dessert les îles australes françaises 2 ou 3 fois par an).

L’ennui sur un navire ne ressemble à nul autre. C’est une lassitude vaguement exaltée où se rejoignent des sensations contraires dans la même monotonie.

Le récit alterne les impressions de Kauffmann sur l’île et des évocations de faits historiques…

Ainsi déxrit-il l’ancre du Marion-Dufresne : « Enfermée dans les entrailles du navire, on l’en extrait comme un supplicié pour l’exhiber à la sauvette et la précipiter dans l’obscurité des abysses.« 

Plus loin, il évoque Henry Bossière, à qui la France avait concédé les Kerguelen à la fin du 19e siècle et qui y a débarqué quelques années après, accompagné de son frère, avec l’idée d’y installer des moutons ainsi qu’une industrie baleinière et phoquetière.
Mais c’était sans compter sur le scandale qu’allait provoquer la tentative de mise en place par son frère d’une pêcherie et d’une petite industrie liée aux langoustines sur une autre île australe : il y avait fait venir des Bretons mais ceux-ci ont été oubliés… jusqu’à ce que l’île soit reprise par un banque.
Henry Bossière avait eu connaissance de l’intérêt de l’Australe (sous domination anglaise) pour ces îles et en avait averti les autorités françaises compétentes, pour qui ces îles étaient tombées dans l’oubli. Pourtant, grâce à elles, comme le rappelle Jean-Paul Kauffmann, la France est au 3e rang pour la « zone économique exclusive »…

A la fin du 19e siècle, un membre de la Société de Géographie avait eu l’idée d’établir un bagne aux Kerguelen, son éloignement rendant impossible toute tentative d’évasion ; sa proposition est restée sans suite…

Alors qu’il passe une nuit dans une grotte, Jean-Paul Kauffmann évoque des bruits qui, pour lui, « sortent de la terre et non pas du dehors » et lui apparaissent comme « une sortie de récréation oppressante, un ressac qui renvoie par onde le silence. »

Il fait ensuite largement référence au livre « Aventures aux Kerguelen », écrit par Raymond Rallier du Baty, qui y a débarqué au tout début du 20e siècle.

Il rappelle comment M. Kerguelen est tombé par hasard sur cette île qui portera son nom et lui vaudra un procès. Il mentionne également Cook, qui a nommé Port Christmas, la plage sur laquelle il a débarqué, et qui a été le premier à mentionner véritablement l’arche des Kerguelen. C’est également lui qui a nommé les îles « îles de la désolation » en raison de la « stérilité » qu’il y avait observé. Mais, à la fin du 19e siècle, le nom de Kerguelen a prévalu, même si les baleiniers anglais et américains continuaient à parler des « îles de la désolation ».

« Alors que le français louvoie péniblement autour de l’archipel avec ses deux lourds bateaux, l’Anglais effleure la côte et fait négligemment un ou deux tours à terre. » écrit Jean-Paul Kauffman

Il faut dire que Kerguelen avait subi une météo défavorable, alors que Cook avait eu la chance d’arriver sur le site par beau temps…


Vocabulaire :
Altérer (littéraire) = donner soif
Aérolithe = classe particulière de météorite
Atermoyer = différer de délai en délai, pour gagner du temps
Erysipèle = infection cutanée contagieuse, qui touche surtout les jambes et qui se soigne avec des antibiotiques
Friselis = léger mouvement, souvent accompagné d'un bruissement
Hobereau = gentilhomme campagnard
Insecte aptère = insecte qui n'a pas d'ailes (aux Kerguelen les mouches d'origine n'ont pas d'ailes car elles sont adaptée à un environnement battu par les vents)
Louvoyer = prendre des détours pour atteindre une but
Palimpseste = parchemin dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau
Zeppelin = ballon dirigeable rigide