Daniel Kehlmann
Lu en septembre 2020
Ebling, un réparateur d’ordinateurs hostile au téléphone portable finit par en acheter un et reçoit des coups de fil destinés à un certain Ralf.
Progressivement, il se prend au jeu et répond comme s’il était ce Ralf (qu’il pense être Ralf Turner, un acteur) mais il ne sait pas avec qui il communique car ses interlocuteurs, qui semblent bien connaître Ralf, pensent que leur nom s’affiche quand Ebling décroche.
Et puis un jour, plus d’appels…
Léo, un auteur à succès, se rend à une série de conférences, où il est speaker, dans un institut allemand, accompagné d’Elisabeth, qui semble avoir une profession soumise au secret (chaque fois qu’elle passe un appel ou en reçoit un, elle se cache de Léo).
Léo remarque la présence d’un affiche sur laquelle figure Ralf Tanner… et propose à Elisabeth de « s’enfuir » plutôt que de se rendre à la suite des conférences…
Rosalie, uns septuagénère atteinte d’un cancer incurable, contacte une association suisse qui aide les gens à mourir en leur demandant de boire un poison.
A plusieurs reprises, elle dialogue avec l’auteur qui l’a inventée.
Après plusieurs péripéties, Rosalie arrive à Zurich, à la fameuse association. Et là, grâce à la magie de l’écriture, l’auteur la fait retourner à sa jeunesse… puis elle s’évapore.
Ralf Tanner, acteur à succès qui approche la trentaine, se rend compte que toutes les personnes qui gravitaient autour de lui s’en éloignent : son téléphone reste muet. Et en voulant rentrer chez lui, il constate que quelqu’un a pris sa place…
Maria Rubinstein, auteure de romans policiers, est envoyée en Asie par Léo Richter pour participer à une soi§disant conférence de grand reporters. En fait, il n’y a que des journalistes de second plan à qui on fiat visiter différents sites du pays. Et chose étrange, à plusieurs reprises, à l’issue de la visite, on leur sert du rôti à la mayonnaise…
La veille du départ du groupe, l’hôtel où la délégation devait être logée s’étant trompé dans le calcul du nombre de chambres nécessaires, Maria est amenée dans un hôtel complètement vide, où elle sera oubliée : personne n’est venu la chercher pour l’amener à l’aéroport, comme on le lui avait indiqué. Et les choses se compliquent quand, un peu plus tard, un policier à qui elle demande de l’aide lui dit que son visa est périmé.
Et peu après, son portable, dont elle avait oublié le chargeur chez elle, tombe en panne de batterie alors qu’elle essaie d’appeler son mari, et son sac à main lui est volé : elle se retrouve donc sans argent et sans moyen de joindre qui que ce soit, dans un pays où très peu de personnes parlent anglais…
Dans un marché, elle tombe sur une vieille femme qui lui donne à manger et à boire et qui la ramène chez elle, où elle la loge et la nourrit en échange de tâches ménagères ingrates.
Miguel Auristos Blancos, un riche auteur de livres de « sagesse » écrit un texte allant à l’encontre de tout ce qu’il avait préconisé jusque là, puis fait mine de se suicider à l’aide d’un pistolet ; mais l’histoire ne dit pas s’il a appuyé sur la gâchette ou non…
Le chapitre « Contribution au débat », je suis incapable de le résumer : une orthographe volontairement aléatoire (qui fait penser à certains SMS), une conférence quelque peu étrange, l’évocation de Léo Richter (celui à la place de qui Maria Rubinstein s’est rendue en Asie)… Tout cela m’est apparu totalement confus.
Un chef de service dans une entreprise de télécommunications vit la semaine loin de sa femme, Hanna, et de ses enfants, qu’il retrouve le week-end.
Lors d’un cocktail, il rencontre Luzia et ils finissent la nuit ensemble.
Petit à petit, il s’installe dans sa « double vie », qu’il gère via son portable. C’est d’ailleurs là l’occasion de réflexions intéressantes de l’auteur sur la notion d’espace, qui est complètement chamboulée avec le téléphone portable : celui-ci permet en effet d’être appelé ou de joindre quelqu’un n’importe où sans que notre interlocuteur sache où nous nous trouvons.
Un jour, un collaborateur de l’entreprise de télécommunications découvre qu’il y a eu des erreurs d’attribution de numéros de téléphone et que des numéros déjà en service ont été attribués à de nouveaux abonnés…
Un livre assez perturbant et inclassable mêlant par moment plusieurs histoires, mais que j’ai trouvé très « prenant ».